Effectif depuis 2007

Par : Meziane Rabhi
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“Selon les chiffres rendus publics par les douanes algériennes, l’année 2007 a été marquée par une envolée des importations après la faible hausse enregistrée en 2006 (+27,9% en 2007 contre +3,2% en 2006), alors que la croissance des exportations poursuit son ralentissement (+9% contre +14,8 % et +38,4 % en 2006 et 2005). Après avoir enregistré trois excédents commerciaux record consécutivement depuis 2004, le solde commercial marque une légère baisse mais se maintient au dessus du seuil de 30 milliards de dollars à 32,1 milliards de dollars contre 33,1 milliards de dollars en 2006.

C’est ce que ressort d’une  fiche de synthèse de la mission économique de l’ambassade de France en Algérie, publiée en février passé, consacré au commerce bilatéral entre l’Algérie et la France.  Le taux de couverture des importations par les exportations s’est établi en 2007 à 217% contre 251% en 2006, 226% en 2005 et 175% en 2004.  “Le poids des hydrocarbures dans les exportations algériennes (58,2 milliards de dollars) atteint 98%, les exportations hors hydrocarbures s’élevant à 1,3 milliards de dollars  seulement”, relève la mission économique de l’ambassade de France. La structure est restée stable par rapport aux années antérieures, note le document, ce qui implique une croissance en valeur qui a permis de passer de 650 millions de dollars  en 2005 à 1,3 milliard de dollars  hors hydrocarbures en 2007 (1,1 milliard de dollars en 2006). Les ventes d’hydrocarbures ont augmenté de 8,9%, après avoir enregistré une croissance de 14,8 % en 2006.

La France, traditionnellement excédentaire avec l’Algérie, est devenue déficitaire
La France, traditionnellement excédentaire avec l’Algérie, est devenue déficitaire, pour la première fois, en 2006 : le déficit a atteint 106  millions d’euros contre un excédent de 981 millions d’euros en 2005 et de 1,3 milliards d’euros en 2004.  Cette évolution négative de 2006, explique le document, tient à l’augmentation des importations (+12%) et le recul des exportations (-13,7 %).  Pour autant, la France demeure le premier fournisseur de l’Algérie. Les exportations françaises vers l’Algérie ont enregistré une progression de 2,8% alors qu’elles avaient baissé de 13,7% en 2006. En dépit d’un recul de l’automobile (-7%), les ventes ont été portées par le dynamisme des produits mécaniques (+17%), de la pharmacie (+8%), ainsi que d’importantes livraisons de céréales (céréales +3,4%, produits agricoles : +4%, dont lait +27%) en début d’année et de composants électriques en fin d’année (+33%). “ Le développement des chantiers et grands travaux a particulièrement soutenu la demande de machines de BTP (+36%) ” souligne la mission économique. “ Le recul de l’automobile tient au fait qu’une partie des véhicules de marque française, dont les ventes continuent de progresser sur le marché algérien, sont fabriqués dans des pays tiers et échappent donc à nos statistiques d’exportation (plus d’un véhicule sur 2 de marque française est désormais produit à l’étranger) ” précise le document.
Les ventes de véhicules de marque françaises ont en effet fortement progressé en 2007 : Citroën +48%, Renault : +39% et Peugeot +33%, mais une bonne part des véhicules livrés sont fabriqués hors de France. “ Nos cinq premiers postes d’exportation sont les produits agricoles et agroalimentaires (685 millions d’euros  soit 16,5% du total des exports), dont les céréales représentent plus de la moitié avec 397 millions d’euros, l’automobile et les équipement automobiles (653 millions d’euros soit 16%, dont 521 millions d’euros  pour l’automobile), la pharmacie (503 millions d’euros, +12%), les machines de BTP (264 millions d’euros: +36%) et les produits pétroliers raffinés (108 millions d’euros, +12%) ” relève la mission économique de l’ambassade de France. Viennent ensuite le matériel de distribution et commandes électriques (101 millions d’euros, +33%), les ordinateurs et produits informatiques (93 millions d’euros, -24%), les TV et radios (80 millions d’euros, -9,9%), les instruments de mesure (75 millions d’euros, +45%), le matériel médical (63 millions d’euros). Ces dix premiers postes ont représenté en 2007 près des deux tiers de nos exportations (65%) lit-on dans le document. 
Les importations françaises en provenance d’Algérie se sont élevées à 2,5 milliards d’euros, en baisse de 25,6%. Les importations d’hydrocarbures (pétrole et gaz naturel) en provenance d’Algérie ont diminué en valeur de 25,6%, soit presque un milliard d’euros (2,5 milliards contre 3,4 en 2006). Les importations de pétrole brut ont baissé de plus de moitié (625 millions  d’euros contre 1555 en 2006) : la part de l’Algérie dans les importations françaises de pétrole brut a été ramenée de 4,9% à 2%. Les importations de gaz naturel en provenance d’Algérie ont atteint 1,9  milliard de  dollars en très légère progression (1,85 milliard  de dollars  en 2006). L’Algérie est restée le troisième fournisseur de gaz à la France, derrière la Russie et la Norvège, avec 18% de nos importations de gaz. Les importations de produits raffinés ont en revanche fortement progressé (+28% à 673 millions d’euros contre 525 millions d’euros). Ils se sont placés en 2007 devant le pétrole brut.

Le niveau des importations de l’Algérie dépasserait celui de ses exportations dès 2012
La mission économique de l’ambassade de France  évoquant, les chiffres rendus publics par les douanes algériennes, relève que l’année 2007 a été marquée par une envolée des importations après la faible hausse enregistrée en 2006 (+27,9% en 2007 contre +3,2% en 2006), alors que la croissance des exportations poursuit son ralentissement (+9% contre +14,8 % et +38,4 % en 2006 et 2005). Après avoir enregistré trois excédents commerciaux record consécutivement depuis 2004, le solde commercial marque une légère baisse mais se maintient au dessus du seuil de 30  milliards de dollars à 32,1  milliards dollars  contre 33,1 milliards de dollars en 2006. Le taux de couverture des importations par les exportations s’est établi en 2007 à 217% contre 251% en 2006, 226% en 2005 et 175% en 2004. Le poids des hydrocarbures dans les exportations algériennes (58,2 milliards de dollars) atteint 98%, les exportations hors hydrocarbures s’élevant à 1,3 milliards de dollars seulement.
La structure est restée stable par rapport aux années antérieures, ce qui implique une croissance en valeur qui a permis de passer de 650 millions de dollars en 2005 à 1,3 milliard de dollars hors hydrocarbures en 2007 (1,1 milliard de dollars en 2006). Les ventes d’hydrocarbures ont augmenté de 8,9%, après avoir enregistré une croissance de 14,8 % en 2006. Les Etats-Unis représentent plus du quart des exportations algériennes (15,9 milliards de dollars  +6,9%), devant l’Italie (8,9 milliards de dollars, -4,0%), l’Espagne (6,0 milliards de dollars, +0,1%), le Canada (4,6 milliards de dollars, +29,1%) et la France (4,5 milliards de dollars, -2,4%), qui perd une place par rapport à 2006 suite à la progression importante des flux vers le Canada. Les importations par contre ont augmenté de près de 30% au cours de l’année 2007, passant de 21,5 à 27,4 milliards de dollars. Elles représentent désormais plus de 20% du Pib.
“Dans le contexte actuel d’inflation des cours d’hydrocarbures, cette dérive des comptes extérieurs ne porte pas à conséquence à court terme, mais l’Algérie, déjà considérée comme un gros importateur dépendant de ses exportations, pourrait voir ses équilibres se détériorer à l’avenir si cette tendance se poursuivait. En appliquant les taux de croissance 2007 des exportations (+9,0%) et des importations (+27,9%) pour les années à venir, le niveau des importations algériennes dépasserait celui de ses exportations dès 2012” avertit la mission économique .

La Chine 3e fournisseur de l’Algérie
La Chine, 11ème fournisseur de l’Algérie en 2000 avec 191 millions de dollars  exportés, est devenue le 3ème en 2006 (1,7 milliard de dollars avec une part de marché passée de 1,9 à 8,1%)  elle conserve cette place en 2007 en se rapprochant de l’Italie grâce à une progression de ses exports de l’ordre de 34,5%. Depuis 2000, les exportations chinoises vers l’Algérie s’accroissent en moyenne d’un tiers 34,5% tous les ans. En 2007, les produits chinois les plus importés en Algérie bénéficient généralement du programme d’investissement public : matériaux de construction, matériel de chantier et véhicules de transport de marchandises constituent les trois premiers postes, devant les appareils électroniques (téléphones notamment) et le textile. Bien qu’occupant une des premières places dans le tableau des importations algériennes, la Chine était absente jusqu’en 2007 de celui des exportations.
Elle occupe désormais la place de 12ème client après avoir passé des accords de fourniture d’énergie, ses importations depuis l’Algérie étaient encore nulles en 2006. Le Japon et la Turquie, avec une part de marché de 3,9% et 3,5%, talonnent l’Espagne au 6ème rang, dont les exportations ont doublé en 2007. La part de marché espagnole repasse ainsi au dessus du seuil de 5% (à 5,6%) pour la première fois depuis 2003, profitant principalement du renforcement de la demande de biens d’équipement et de biens de consommation intermédiaire.

Liberté, 18 mars 2008