Association d’aide au développement et à l’investissement en Algérie
17 Dec
Pour les prometteurs immobiliers, 2009 aura été une année difficile. Mais 2010 ne s’annonce guère meilleure. En 2009, même si aucune statistique officielle n’est disponible, les mises en chantiers de promoteurs privés ont fortement chuté par rapport aux années précédentes. « Seuls quelques petits projets qui étaient prévus depuis longtemps ont été lancés », affirme un connaisseur du secteur. L’Etat est devenu l’unique promoteur, avec des projets souvent confiés à des groupes étrangers, essentiellement chinois et turcs.
Illustration de cette situation, l’échec de trois projets phares : ceux des Emirati EIIC et Emaar à Alger et celui du Saoudien Snasco à Oran. Plusieurs promoteurs étrangers, notamment des pays du Golfe, ont également renoncé à s’implanter en Algérie. Les autres se positionnent discrètement et patientent en attendant une évolution positive de la législation dans les prochaines années.
En Algérie, la demande est très forte et l’Etat peine à la satisfaire. Mais deux mesures gouvernementales concernant le foncier et les ventes sur plan ont favorisé une forte spéculation sur les rares terrains privés disponibles à la construction. « Habituellement, la valeur du terrain représente 10% à 15% du coût global du projet. En Algérie, elle est actuellement entre 40% et 50% », regrette un promoteur immobilier. Des promoteurs ont tenté de proposer aux propriétaires des systèmes d’associations. Mais ces derniers refusent systématiquement. « On leur dit : faites le projet avec nous. Vous apportez le terrain, nous apportons les financements et le savoir-faire et à la fin, on partage les gains. Mais ils veulent être payés avant le démarrage du projet », explique un autre promoteur.
La suppression de la vente sur plan constitue également un handicap de taille pour les promoteurs privés. « L’Algérie est peut-être le seul pays qui interdit la vente sur plan. Cette pratique est le fondement même du business de l’immobilier. Personne ne peut construire sans faire une partie des ventes avant le démarrage du chantier », explique le premier promoteur.
Les rares promoteurs qui parviennent à trouver des solutions à ces deux problèmes trouvent sur leur chemin un troisième obstacle de taille : la hausse du prix des matériaux de construction, notamment le ciment. Ces derniers mois, les prix de ce produit ont fortement augmenté, avec des tensions pour l’approvisionnement. Là encore, ce sont les spéculateurs qui font la loi.
Résultat : en cherchant à réguler le marché immobilier après plusieurs abus émanant notamment de promoteurs arabes, le gouvernement a déstabilisé le marché. Il a favorisé la spéculation sur le foncier et le ciment et fait de l’Etat l’unique promoteur du pays, avec les risques de corruption et de favoritisme dans un pays touché de plein fouet par la crise du logement.
TSA, 20/12/09
Recherche
Formation
Industrie
B.T.P
Agriculture
Tourisme
Ajouter une réponse