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Le nouveau système financier comptable (SCF) introduit une importante rupture avec le Plan comptable national (PCN) en vigueur actuellement depuis 1975. Son contenu a été expliqué aux journalistes de la presse nationale à l’occasion d’une formation dispensée la semaine dernière, au siège du ministère des Finances, animé par des experts comptables et des cadres du département de Karim Djoudi. Le système financier comptable, qui s’inscrit dans les réformes financières entreprises par l’Etat, vient remplacer le PCN, caduc depuis de nombreuses années, et surtout complètement inadapté aux nouvelles donnes économiques modernes, surtout que le pays est entré depuis plus de 10 dans l’économie de marché. Ce qui a nécessité une refonte globale du système comptable, qui se devait de répondre à cette mue. Alignement sur les normes comptables internationales Le PCN taillé pour une économie dirigée, comme celles des années 1970, ne peut en aucun cas satisfaire aux exigences d’une économie de marché, a-t-on indiqué Le nouveau système comptable s’inspire, quant à lui, directement des normes internationales comptables IAS/IFRS, et qui ont été adaptés au système algérien. Des normes internationales IAS/IFRS en matière de comptabilité qui sont reconnues et appliquées par plus de 120 pays et 150 organismes professionnels dans le monde. Le SCF constitue un changement important pour les comptables qui sont plus habitués à appliquer les normes de traitement plutôt que des normes de contenu. Ces dernières exigent plus de jugement que les premières, en plus de l’implication de tous les services de l’entreprise. En fait, c’est un projet d’entreprise. Ses principaux atouts sont la comptabilité d’engagement, continuité d’exploitation, intelligibilité, pertinence, fiabilité, comparabilité, coût historique, prééminence de la réalité économique sur l’apparence juridique, sont entre autres atouts que permet ce nouveau système. Il s’est tracé comme objectifs, d’établir des états financiers et de produire des informations sur l’évaluation et la performance financière d’une entreprise pouvant être utiles aux tiers, tels que les investisseurs, aux clients d’une entreprise, à ses employés, aux fournisseurs et autres. D’autre part, le champ d’application du SCF s’étend à toutes les entités produisant de manière répétitive des biens ou des services marchands ou non marchands. Il prévoit également un système de comptabilité simplifiée pour les microentreprises, les petits commerçants et artisans.
Tenir compte des changements de l’environnement de l’entreprise Il introduit un ensemble de nouveautés : la garantie d’un degré élevé de transparence, la satisfaction des investisseurs les marchés financiers, la présentation de la réalité économique, le traitement de toutes les opérations en prenant en compte tous les changements intervenants dans l’environnement de l’entreprise algérienne, etc. Il permet également la mise en place de comptes combinés, c’est-à-dire faire la comptabilité de toutes sociétés détenues par une personne physique même s’il n’y a aucun lien entre elles. Par ailleurs, selon les responsables du département de Karim Djoudi, une série de mesures a été prise pour préparer les entreprises et les administrations au basculement vers le nouveau système à partir du 1er janvier 2009 : séminaires, actions de sensibilisation, cycles de formation gratuits, journées d’information, de même qu’un programme de formation des formateurs a été lancé depuis décembre 2005. En dépit de toutes ces actions, les professionnels concernés par l’application du SCF seront-ils prêts le jour J ? Abdelaziz Mehenni, président de la Confédération des industriels et producteurs algériens (Cipa), affirmera n’avoir eu aucune connaissance de ce nouveau système. “ En notre qualité de partenaire social du pacte économique et social, nous avons été sollicités pour donner notre avis sur la loi de finances 2008. Mais nous n’avons à aucun moment été consultés sur le nouveau système financier comptable ”, précisera le patron de la Cipa. Ce dernier soutient en outre, qu’il est “ tout à fait normal qu’on introduit des mises à niveau de nos systèmes économiques, et nous alignés sur les normes internationales ”. Pour sa part, le président de la Confédération algérienne des entreprises algériennes (CGEA), Habib Yousfi, dira que le système financier comptable est le “ bienvenu ”. Mais comme “ toute nouveauté, il demande un temps suffisant de préparation ”. “ C’est un système qui nécessite du temps et la mise en place d’une campagne intensive de sensibilisation en direction des entreprises et autres concernés, tels que les experts-comptables et autres gens de la profession ”, soulignera-t-il. Ces derniers, qui sont, dira-t-il, des “ hommes de terrain ”, devront avoir la possibilité de d’“ exprimer leurs opinions sur le contenu de ce nouveau système ”. Nous n’avons malheureusement pas pu joindre d’autres représentants d’entreprises pour avoir leur avis sur la question.
Y. B. Liberté Economie – 29 mars 2008
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