Le nombre des petites et moyennes entreprises serait de 700 000 si les critères européens sont appliqués dans la production des statistiques en Algérie, selon une déclaration récente du ministre de la PME, Mustapha Benbada.

Le ministre a étayé ses propos par des conclusions d’experts européens qui ont séjourné récemment en Algérie pour se pencher sur la question. M. Benbada a aussi précisé qu’une action de coordination avec l’Office national des statistiques est nécessaire afin d’uniformiser les critères de définition de la PME. Les chiffres avancés par le ministre ne peuvent donc être considérés comme officiels, selon ses propres aveux.
Le responsable du secteur des PME a annoncé que le système de la statistique et de l’information économique sera révisé. Dans ce cadre, il a insisté sur la nécessité de la performance des Directions régionales de la PME pour fournir des données exactes sur ce secteur. Le secteur a aussi finalisé une étude sur la situation de la PME en 2007, mais les données contenues dans ce rapport ne sont encore rendues publiques.
Le même responsable a aussi abordé la mise à niveau des entreprises en annonçant qu’entre 3000 et 6000 PME pourraient être concernées par ce processus. Plus de 600 entreprises ont exprimé leur souhait d’adhérer à ce processus. Plus de 200 d’entre elles ont déjà répondu à un questionnaire de sélection. Une cinquantaine d’entreprises seront sélectionnées pour entamer leur processus de mise à niveau.
Selon le ministre, l’objectif de son département n’est pas de parvenir à la mise à niveau de l’ensemble des entreprises, car certaines n’en ressentent pas le besoin alors que d’autres ne désirent pas évoluer dans la transparence et préférèrent éloigner les autorités de leur gestion. Le ministre n’a pas caché que certaines PME sous-estiment délibérément certains chiffres concernant leurs activités afin d’échapper en partie à l’impôt.   Le ministre a plaidé également en faveur d’une coordination entre son département et le ministère de l’Industrie. Ce dernier ministère ne dispose pas encore de plan de mise à niveau bien que la loi de finances lui impose cette injonction. Ainsi, les entreprises du secteur de l’industrie sollicitent le ministère de la PME pour adhérer à un plan de mise à niveau.
Il est aussi constaté que les entreprises relevant du bâtiment et des travaux publics ainsi que celles des services, notamment dans le tourisme commencent à solliciter leur mise à niveau. Selon le ministre, la stratégie de développement du tourisme et les programmes des travaux publics et du bâtiment ont encouragé ces entreprises à se diriger vers son ministère pour solliciter la mise à niveau. L’Etat n’est pas le seul à fournir des fonds pour cette opération. L’Union européenne et l’Onudi (organisme onusien de développement industriel) ainsi que le programme allemand de coopération technique (Gtz) sont parties prenantes dans cette opération. L’Union européenne a déjà achevé son premier programme en décembre dernier et un deuxième programme est en cours d’élaboration, selon M. Benbada qui ajoute que la convention de financement a déjà été signée. Un accord avec les banques est, quant à lui, en cours de négociation afin de faciliter l’obtention des crédits par les PME. La notation est une autre action qui devrait faciliter cette quête.
En ce qui concerne l’organisme de garantie des crédits à la PME, il a accordé 273 autorisations en avril 2008, soit une progression de 9% par rapport à décembre de l’année dernier. L’ensemble de ses engagements ont atteint 7 milliards de dinars (un euro vaut 102 dinars).

A. Y.

Liberté Economie – 14.05.08