EN NETTE PROGRESSION DEPUIS QUELQUES ANNÉES
Des producteurs de vin algériens participeront à la 8ème édition de VINISUD, le salon international des vins et spiritueux méditerranéens qui aura lieu à Montpellier, du 18 au 20 février. Une exposition considérée comme le premier espace de transactions pour les vins méditerranéens. Plus de 1700 participants et 35.000 visiteurs sont attendus dans ce salon consacré à la viticulture. Ils viendront de tous les pays méditerranéens, comme l’Algérie, la Tunisie, le Maroc, le Liban, la Turquie, mais aussi l’Espagne, l’Italie, le Portugal. L'Office National de Commercialisation des produits Vitivinicoles (ONCV), qui dispose d'une dizaine de zones d'Appellation d'Origine Contrôlée, et produit en moyenne 500 000 hectolitres de vin par an, sera représenté par les labels suivants: Le Coteaux de Mascara, ancêtre des vins d’Algérie, Coteaux de Tlemcen, région d’histoire et de traditions, Medea ville antique, Coteaux du Zaccar, Monts du Tessala, Dahra, Aïn Bessem Bouira. Boostée par un plan de développement agricole, la filière viticole algérienne tente tant bien que mal, de rattraper son retard. Le but est de renouer avec les performances d'antan.
Depardieu à la rescousse
L'Algérie était, en effet, le premier exportateur au monde et le quatrième plus gros producteur de vin, il y a 50 ans, avec un volume de 18 millions d'hectolitres. Les vignobles représentaient la moitié des exportations algériennes et presque le tiers de son produit national brut. La viticulture entrera ensuite, dans une phase de déclin au milieu des années 60.  Pour redresser la barre, un programme de développement viticole s'est fixé comme objectif l'extension des zones dédiées à cette filière. Le sol ainsi que le climat aidants, les vignobles destinés à la production de vin s'étendent désormais sur 85.000 hectares et fournissent 2,1 millions d'hectolitres. Ce qui confère, de nos jours, à l'Algérie le dix-neuvième rang au classement mondial des pays producteurs de vin. Les prévisions prévoient une extension des zones viticoles de 11.000 hectares supplémentaires et à l'augmentation de la production de vin de dix pour cent par an d'ici à 2009. Le gouvernement finance 60 % des coûts associés à l'achat de nouvelles variétés de raisin pour améliorer la qualité et la compétitivité des exportations de vin algérien. Pour sa part, l'ONCV achète le raisin à des tarifs attractifs auprès de 2.600 viticulteurs qui activent dans la filière. Une filière qui assiste à l'émergence d'un secteur privé. L'acteur français Gérard Depardieu a même eu quelques hectares en concession pour produire un vin de grande qualité. Le vin rouge représente 85 % de la production algérienne alors que les exportations représentent environ 25 % de la production agricole nationale. Le gros est exporté en France. Le Royaume-Uni, la Suisse, l'Afrique du Sud, l'Allemagne, la Belgique, les Etats-Unis et le Canada sont également des clients. Seuls les vins rouges qui représentent 60% de la production s'exportent. Les blancs eux (30% de la production) ne peuvent pas s'exporter, en raison de leur couleur qui évoque l'oxydation. Sept zones AOG (Appellation d'Origine Garantie) ont été définies en 1970. Parmi ces dernières, l'Oranie, qui produit les 3/4 du vin algérien, est surtout connue pour son Coteaux de Mascara et son Coteaux de Tlemcen, des vins très robustes. Il y a cinq ans, le ministère de l’Agriculture a décidé d’orienter l’encépagement du vignoble vers des variétés qui correspondent aux besoins d’exportation.
Une politique tournée vers l’exportation
Les objectifs visés à travers la politique de réhabilitation de la vigne de cuve étaient en passe d’être compromis par le déséquilibre constaté dans l’encépagement, un déséquilibre né de la tendance marquée chez les agriculteurs à replanter de préférence le Cinsaut et le Mersegherra. Ces deux variétés choisies au moment du greffage des plants ne correspondent pas au besoin de production de vins de qualité, des vins avec lesquels l’Algérie ambitionne d’arracher des parts d’un marché international très fermé. En effet, produire un vin comme on le fait dans notre pays, un vin de coupage, c’est respecter à la base des normes pour le composer, puisqu’il y a un raisin pour la couleur, un pour la finesse, un pour le bouquet, un autre pour le volume… chacun contribuant à sa qualité. Mais il n’y a pas que les vins de coupage, il y a aussi les vins de cépage qui s’imposent de plus en plus selon une nouvelle tendance, concurrençant les vins de coupage, d’où d’ailleurs les méventes que subissent les vins français. Ainsi, à la veille de la période de greffage, le ministère a-t-il introduit une nouvelle condition d’éligibilité des agriculteurs à la subvention du FNDA. Il est de la sorte exigé de tout candidat à la subvention de ne greffer ses plants racinés qu’avec des cépages recommandés par l’Institut technique de l’arboriculture fruitière (ITAF), des cépages tels le Carignon, le Grenache, le Mourvetta, l’Alicante Bouchet, le Cabernet sauvignon et le Pinot noir. L'objectif est de réhabiliter la réglementation en matière de respect du cadastre viticole, une réglementation tombée en désuétude depuis plus de deux décennies. A noter que pour l’achat d’un plant raciné, l’Etat accorde 35 DA aux agriculteurs, sachant qu’un hectare doit être couvert par 2400 à 3000 plants. Quant au greffage, la subvention, qui est de 25 DA par plant, n’est accordée que lorsqu’il s’agit de vigne de cuve. L’objectif est également de parvenir à produire 1 million d’hectolitres de vin dont 800 000 destinés à l’exportation. D'où la nécessité de renforcer et de moderniser l’activité vitivinicole algérienne, en la rendant compétitive. Le secteur vitivinicole algérien offre d’ailleurs un potentiel de création de richesse importante comme le démontre le fait qu’en 1960 le vignoble et le vin supposait en Algérie 31% du produit brut agricole et 51% des exportations totales.  La précarité généralisée et l’obsolescence des activités et des installations vitivinicoles persistent encore aujourd’hui. Les techniques de culture et entretien des vignobles sont désuètes et peu rentables. Les modèles de gestion et de marketing sont déphasés, les installations et caves sont inadéquates. Les Espagnols sont appelés à la rescousse. Un projet de partenariat est né et devrait être mis en œuvre à Aïn Témouchent. Objectif: améliorer la qualification et les techniques et le savoir faire des viticulteurs locaux dans le processus de production du vin.
par B. Adali Le financier 04.02.2008